Distillerie Rhum Trois Rivières

Au revoir Madinina

Suite à mon passage à Ste Lucie, je suis retourné en Martinique pendant une quinzaine de jours.

photo d'un bateau recouvert de branches et de fruits

Le premier bateau qui m’a abordé à sainte Lucie !

Le grand manque de vent m’avait fait annuler ma visite des îles Grenadines.
Petite anecdote pour illustrer ce manque de vent : À la Anse de Canaries (Ste Lucie), repartant vers le Nord, il y avait tellement peu de vent que je me suis laissé porter par le courant.
Mais ce courant a fini par n’emmener trop proche d’une pointe rocheuse. J’ai donc mouillé l’ancre à une quinzaine de mètres des cailloux car j’étais sûr de taper dessus sinon.
Après une heure d’attente et quelques tests, je me suis décidé à tenter une manœuvre qui m’a plus tard valut rires et quolibets… M’en fou, ça à fonctionné !!!

J’avais remarqué que le courant était vraiment faible et qu’en relevant un peu la chaîne, le bateau continuait à avancer, sur son aire, sur quelques mètres.
Le vent se levant un tout petit peu, environ 3 Noeuds, c’était pour moi le moment de tenter une manœuvre non conventionnelle…
J’envoie la grand voile, elle ne se gonfle pas. Je passe à la baille à mouillage (ou puits de chaîne), relève la chaine avec la rapidité de la foudre et la puissance de Thor. L’ancre est à pic, le bateau continue à avancer. Je ramène l’ancre totalement puis bondit à l’arrière de Poker d’AS.
Nous sommes à vingt-cinq mètres des cailloux mais le bateau n’avance plus.
J’avais préparé palmes/masque/tuba. J’enfile les deux derniers et saute à l’eau palmes en main. Je les enfiles puis ondule mes cannes à une vitesse à faire pâlir Laure Manaudou ! Le bateau pèse 3 trois tonnes (réellement) mais il glisse bien sur l’eau.
Le bateau avance lentement mais tourne en direction des rochers. Le safran (ou gouvernail) me paraissait pourtant droit. Je le prend à la main et le dirige de façon à ce que le bateau vire un peu à Tribord (droite). Ça fonctionne bien, et au bout de 15 minutes, me voilà à plus de cent mètres du danger.
Le vent forci un peu et me voila doucement trainé accroché à l’échelle. Le vent a forci un peu et atteint la vitesse “faramineuse” de 5 Noeuds ! Je me hisse à bord et peux enfin continuer ma navigation… à environ 0,5 Noeuds !

Cette manœuvre improbable m’a un peu stressée à cause du risque d’être ramené vers les cailloux et de ne plus pouvoir mouiller à temps. Mais finalement elle m’a surtout bien fait sourire. Je m’imaginais les copains entrain de me voir faire ça et ce dire “ce mec est un fou”… Quand je leur ai raconté, ça n’a pas manqué ! L’histoire a fait le tour des potes du Marin en moins de deux jours !

phot d'un coucher de soleil au mouillage de la anse à l'Ane

Couché de soleil à la Anse à l’Âne !

Me voici donc de retour en Martinique. Je n’ai plus de PQ à bord.
Entre Petite Anse et la Anse à l’Âne, je ne peux plus me retenir, il me faut me libérer d’un poids si je ne veux pas qu’il se libère de lui même…
Après notre séjour au Sénégal, je n’ai plus de problème à utiliser la main gauche en guise de papier toilette, mais il faut de quoi me rincer puis me savonner. C’est bon, j’ai de l’eau (de mer) et du savon !
Ni une ni deux, me voila accroupi cul nul sur l’échelle semi-immergée à l’arrière du bateau.
Le bateau avance. Tandis que je fais mon affaire, l’eau s’occupe de me rincer sensuellement l’entre-fesse. Comme dirait Lucas, avec son fort accent Italien : “C’est MagniFIque !!”

Après cette expérience nouvelle et peu désagréable, je fini par arriver à la Anse à l’Âne. Mouillage superbe mais la navette de Fort de France passe souvent et gâche un peu le plaisir du fait des vagues qu’elle produit.

De retour en Martinique, ma puce téléphonique Martiniquaise peut reprendre du service. J’achète du crédit pour me reconnecter à la métropole Française. Après une vingtaines de coups de fils, je fais du STOP pour aller voir les potes au Marin. J’y retrouve notamment Émile, Élérig et Théo.
Ils ont trouvé du travail : quelques travaux sur un bateau à moteur amarré à un quai proche du leur. Ils refont notamment les hublots, et plutôt que de les aider, je les dérange dans leur travail en leur racontant mes péripéties. Peu rancuniers, et amusés, ils m’invitent à prendre l’apéro à bord de leur bateau.

Grosse soirée, je fini sur le catamaran d’autres potes, Jeg et Basile. Basile me passe plein de matos. Je suis prêt à payer mais il refuse. Me voila avec deux-cent euros de matériel qui me sera bien utile ! Des manilles pour remplacer celles rouillées sur mon mouillage, une pompe électrique à eau, des poulies supportant deux tonnes de traction qui me serviront de guindeau (équipement pour remonter la chaine) en cas de fort vent ou courant, du matériel de pêche, etc.

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J’étais allé au Marin pour acheter du matériel. Grâce à Basile, je n’ai pas beaucoup dépensé de sous. Je m’autorise donc à acheter un harpon d’occasion au Grenier du Marin (qui mériterai un article “Matériel d’occasion pour bateau en Martinique”).

Le STOP étant un sport national ici, je rentre en à peine 2h30 à la Anse à l’Âne.
Le lendemain, Elo vient me chercher avec la voiture achetée précédemment, nous avons chacun des courses à faire. Je voulais trouver des livres sur les poissons et plantes comestibles Antillaises. Je n’ai bientôt plus d’argent du tout et suis à la recherche de solutions pour être totalement autonome. Je fini par acheter un bouquin sur la cuisine créole qui propose des recettes à base de beaucoup d’animaux marins et qui en montre des photos.
Si, un jour, j’arrive enfin à pêcher quelque chose, je m’adresserai aux pêcheurs du coin pour savoir si c’est comestible et comment ça se cuisine.
A défaut d’autres solutions, j’ai déjà repéré un arbre avec des graines comestibles et les oursins blancs le sont aussi. Bien que ces derniers me répugnent, il y a une recette de fricassé d’oursins dans mon nouveau livre “La cuisine Antillaise par l’image” aux éditions “Orphie”.
J’achète aussi un élastique neuf pour le harpon afin d’être sur de transpercer la chair de mes futurs repas.
Une nouvelle ampoule viendra remplacer l’ancienne du feu de navigation, et enfin, une nouvelle batterie à cycles profonds terminera ces achats ruinant mais nécessaires.
À cette heure, mon compte en banque est bien au dessous de la température de congélation de l’eau !

03/10/15 – Nous sortons le bateau avec Elo, Sandie, Baptiste et Stiff en direction de la Anse Dufour car on peux y nager avec de grosses tortues de mer.
Elodie en filmera une tandis que baptiste se fait piquer par une chenille urticante. De l’eau chaude a soulagé la douleur.
Nous n’avions mis qu’une petite heure pour venir. Le retour c’est fait en plus de quatre heures ! Dont deux heures trente de nuit. Vents et courants contraires, les nouveaux passagers ont souvent l’impression que nous revenons à notre point de départ. Nous avançons bien, mais louvoyer (tirer des bords) avec un bateau qui remonte mal au vent rallonge significativement la distance parcourue.

Pour l’arrivée, les deux équipiers Baptiste et Stiff sont bien au taquet sur les manoeuvres. Une écoute de génois chacun dans les mains. On s’est donc permis un slalom d’approche souvent à moins d’un mètre des bateaux mouillés plus haut.

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Repos dimanche.

Lundi je quitte mon bord. Je débarque un sac à dos, retourne au bateau, amarre le kayak au bateau puis reviens à la nage au ponton. Ainsi, si je m’absente un peux trop longtemps, on croira quand même que je suis à bord. Je commence à bien connaitre le port du Marin… On y fait copieusement la fête et on s’y attarde facilement… J’y suis resté plus de trois mois, ce qui est largement supérieur à mes prévisions les plus pessimistes !

Effectivement, ça ne manque pas. Nouvelle soirée chez les trois compères. Nous rencontrons des Parisiens qui naviguent depuis deux mois.
Plus de trente minutes à la barre leur fait vivre un enfer. Ils ne savent pas bien naviguer mais sont tout de même venu de France avec leur bateau. Ils veulent rayer de leur Bucket-List “Dépasser le Cap Horn”… Malgré leur désinvolture et leur préparation quasi inexistante, ils y arriveront j’en suis presque sur.
Ils m’ont fait découvrir qtVlm, une surcouche du programme OpenCPN (servant pour la navigation) qui leur calcule automatiquement la meilleur route à suivre en fonction du vent, du courant, et des caractéristiques de leur bateau.

Lucas, au fort accent Italien, se joint à nous. Lorsque les Parisiens lui demandent des précisions sur les futures escales de leur trajet (il est une fois circumnavigateur), il nous fait son show et nous fait passer une excellente soirée :
“Là-bas? On te fait Payer pouR TOUT ! C’est du BRRaquage LÉgal !”
“Par contRe là-bas, c’est MAgniFIque ! On t’Accueille comme si t’était Berlusconiii, ya plein de nana petites culottes-string-bikini !”
“Quand j’étais là-bas, je me suis fait menoTTer par la polIce, je CRoyai que j’allais mouRRir !”
“Tout l’Amérique du sud, c’est de la MeRRde !”
En gros c’était un peu “Faut aller partout dans le monde, Sauf là ou vous avez prévu d’aller !”

Suite à ces deux soirées (ça vas vite j’avais prévenu), j’ai dormis dans le cockpit du bateau des trois frères. Au petit matin, un gros orage nous sort de notre torpeur. Il est énorme et passe juste au dessus de nos têtes. Tant et si bien qu’on entendra plus tard qu’un bateau au mouillage s’est mis à fumer noir après avoir été touché par un éclair.

Les parisiens sont maintenant des potes. Nous nous amusons souvent sur le sujet de Eco Sailing Project qu’ils ont suivit avant leur départ. Ils en viennent presque à prendre l’accent Italien de Lucas pour exprimer à quel point ils sont dégoutés : “Ils leurs arrivent de truc de fou ! Ils pêchent des poissons énormes ! Nous on a seulement réussi à pêcher un oiseau ! On l’a quand même bouffé !” (photos à l’appui).

De mon coté, je n’arrive toujours pas à pêcher ni poisson, ni oiseau… Seulement des sargasses (algues) ! Je reperd encore un bas de ligne aujourd’hui dans l’après midi.

De retour après trois jours, le bateau n’a pas été visité. Tout vas bien.

DSCN2965Les quelques jours suivant sont consacrés à de menus travaux :
-Intervertir auto-radio voiture avec celui du bateau (pour port USB)
-Installer un voltmètre avec interrupteur pour pouvoir mieux gérer mes batteries
-Mise à sec complet des cales et des coffres ayant un peu d’eau
-Démontage en plusieurs partie du démarreur pour vérification charbon + bobine
-Nettoyage de la carène (antifooling) à l’éponge
-Monté au mat seul pour démonter et remplacer feu de navigation
J’essaye aussi de retrouver la dernière ligne perdue pas loin du bateau. Je ne la retrouverai pas, mais j’ai pu nager avec une tortue !

photo du spot d'escalade avec eau transparente en dessous de la voie

Le spot d’escalade !

13/10/15 – Aujourd’hui, ce sera escalade le matin puis départ vers Saint Martin en début d’aprem. Je déplace donc le bateau de la Anse à l’Âne vers le rocher Burgos. Je mouille extrêmement près des cailloux, il vas falloir que je commence à me mettre en tête d’arrêter de m’approcher trop. Plus près et je talonne, ou je ne pourrai pas repartir sans talonner.

Mika à ramené quatre potes. On se fait une bonne séance d’escalade, mi concentration, mi planteur. Si bien que l’appel du Marin se fait à nouveau sentir… Et me voici reparti vers le Marin pour la soirée !

La suite sous peu.