Dauphin jouant à l'étrave du bateau !

Bay Of Biscay – Fingers in the nose !

Le Golfe de Gascogne… Les doigts dans le nez !

Dauphins, marsoins, tortue, méduses, plancton, oiseaux… Nous en avons pris plein les yeux !

Vendredi 24 Octobre

Le début du voyage fut assez rude… Jusqu’à Hoedïc nous avons eu beaucoup de vent et de mer. Tandis qu’Élodie commençait déjà à se demander ce qu’elle faisait là, j’étais en train de lui cacher un mal de mer grandissant. Une fois Hoedïc passé, les conditions se sont améliorées. Élodie a pu prendre la barre pour la première fois. Pour ma part, je m’autorisai enfin à vomir mon quatre heures.

A 17h, je suis allé me coucher afin de pouvoir barrer toute la première nuit. J’avais installé le pilote auto de Céding et donné comme consignes à Élo de vérifier qu’il faisait bien son boulot (j’avais eu quelques surprises précédemment). Cap au 240°, si problème, me réveiller ou barrer ! Le pilote à apparemment fait son boulot pendant seulement 5 minutes… Et Élo a décidé de barrer afin que je puisse me reposer. La nuit tombante, elle m’a réveillé car elle ne voyait quasiment plus le compas… Après avoir branché l’éclairage compas et vérifié la route, j’ai pu prendre la barre. Nous avancions au moteur car le vent avait disparu on ne sait où. Le plancton, agité par l’hélice du moteur, brillait d’un vert fluo magnifique. Et les quelques méduses qui se faisaient broyer par l’hélice amplifiaient l’intensité du halo lumineux. Plus tard dans la nuit, nous avons remarqué que les constellations étaient visibles dans leur totalité. Là, nous commencions vraiment à être émerveillé !

Couché de soleil !

Couché de soleil !

Samedi 25 Octobre

Dauphin jouant à l'étrave du bateau !

Dauphin jouant à l’étrave du bateau !

Au petit matin, des dauphins sont venus jouer autour du bateau. Élodie était aux anges ! Nous avons pris quelques vidéos pour vous montrer tout ça ;) Nous avons aussi vu des méduses inhabituelles, en forme de colimaçon. Et chose rare, une énorme tortue entrain de prendre un bain de soleil en surface. Ici, nous en étions déjà à une 15aine d’heures de moteur, et Élodie commençait à se sentir à l’aise à la barre.
En fin de journée, nous voyons une petite dépression se former au loin. Je décide de la contourner par l’Est afin de préserver le moral de mon équipière. Une fois la dépression passée, nous nous retrouvons au portant juste avant la tombée de la nuit. On va tenter le spi !!! Il m’a manqué 10 minutes, je n’ai pas l’habitude de la chaussette de spi et le bout permettant de la relever s’est enroulé autour m’empêchant de l’envoyer. La nuit étant tombé, je me suis dit qu’il serait trop laborieux de tenter un second envoi. Ce n’était finalement pas plus mal car 1h30 plus tard le vent avait à nouveau tourné. Affaler le spi en pleine nuit n’aurait pas été chose facile étant donné la houle. De plus, Élodie n’ayant pas l’habitude, la moindre manœuvre m’obligeant à aller à l’avant était pour elle un grand moment de stress, même par temps relativement calme.

Dimanche 26 Octobre

Petit piaf perdu au milieu de l'océan !

Petit piaf perdu au milieu de l’océan !

La nuit avait été assez agité. Nous étions au travers, avec une houle bien formée à deux mètres quarante. Élodie était à nouveau dans le doute. Je lui ai conseillé de dormir le plus possible, ce qu’elle a finalement fait toute la journée. Je ne lui ai laissé la barre que deux heures ce jour là. J’ai pu voir un ferry et un pétrolier dévier leur route pour nous éviter, mais à part ça je n’ai vu personne. Je guettait le moindre mat ou animal à la surface et en avais un peu marre que personne ne daigne montrer le bout de son nez ! En fin de journée, lorsqu’Élodie se réveilla enfin, une 15aine de dauphins vinrent nous redonner du baume au cœur ! Ensuite le vent forci, et nous dûmes prendre un ris et réduire la voile d’avant. La nuit se passa tranquillement. L’allure plein Ouest était plus facile à tenir car la houle arrivait par derrière. J’avançais donc au Sud, tandis qu’à son tour, Élo avançait plein Ouest. Nous avons eu la surprise de voir un tout petit oiseau se poser sur le balcon arrière. Nous nous sommes dit qu’il s’était perdu en suivant des Goelans, et que le vent ayant forci, il devait être épuisé à lutter contre.

Lundi 27 Octobre

Au lever du soleil, une épaisse brume nous empêchait de voir à plus de 10 mètres. Satané brouillard ! Je préfère de mauvaises conditions avec bonne visibilité que ce calme plat avec aucune visibilité ! On entend de temps en temps un moteur, mais on ne sait pas ou il est… Pas de réponses aux coups de corne de brume… Nous avançons donc prudemment et veillons attentivement pendant trois heures ! Le brouillard dissipé, vers midi, nous nous retrouvons sur une mer calme et un soleil libérateur. Les conditions étant très bonnes, Élodie étant très rassurée, je m’autorise à aller à l’avant du bateau pour profiter un peu de l’immensité de l’océan. Vision magnifique que cette masse d’eau qui se soulève sur un kilomètre et nous emporte vers notre destination. Avant la tombée de la nuit, nous voyons enfin la terre ! Oh bonheur jubilatoire ! Mais bon, restons concentrés. Le rase cote c’est bien plus dangereux que le large, surtout de nuit ! D’autant plus que les cotes espagnoles sont infestées de chalutiers. Dans la nuit, Élodie m’a réveillée plusieurs fois à cause de chalutiers ou d’îles imaginaires. La fatigue et le stress n’aidant pas, la jeune mousse à goûté aux joies des hallucinations maritimes. Hop, au dodo, je reprends les commandes !

Élodie à la barre !

Élodie à la barre !

Mardi 28 Octobre

Un peu de pétole dans la nuit m’a fait faire un 360°… Une ligne de traîne s’est enroulée autour du safran. Il n’y a pas de danger, pas de courant ni de vent. Mais Élodie n’est pas du tout rassurée à l’idée de me voir quitter le bord. Après moult explications et négociation, je fini par plonger en pleine nuit pour mettre tout ça au clair. Nous pouvons enfin allumer le moteur.
Nous arrivons à vue de La Corrogne vers 6h du matin. Nous ne voyons pas vraiment la terre, mais les balises vertes et rouges indiquant le chemin vers le chenal me plongent dans une euphorie communicative. Nous mettons le moteur à bas régime afin d’arriver au lever du jour. L’arrivée au port fut calme et bien effectuée. Nous avons repéré le bateau d’amis d’un ami (Alex et Sarah) avec qui nous avions pu discuter avant le départ. Nous avons donc pris la place la plus proche dans la Marina Coruna.

Entrée de la Marina Coruna

Entrée de la Marina Coruna

Arrivé à 9h, nous rencontrons Alex et Sarah vers 9h30. Ils nous ont proposé un café ainsi qu’une excellente tarte aux pommes ! Quel bonheur, après les pates et le pâté mangé pendant 4 jours, nous sommes aux anges ! Ensuite, vient le moment tant attendu de la douche ! Elles sont neuves, et l’eau est réglable en température ! Génial !

Nous sommes bien évidement un peu crevés, mais l’excitation de l’arrivée nous permet de tenir encore un peu. Nous allons donc visiter la ville et en profitons pour prévenir les proches de notre arrivée. Ensuite, gros dodo ! Puis en fin de journée, apéro chez Alex et Sarah suivi d’un resto bien mérité !

A la manœuvre !

A la manœuvre !

Petite anecdote d’avant dodo : Élodie a oublié de fermer les vannes des toilettes… Le bateau commence gentiment à être inondé ! Heureusement lors de la traversée elle n’a jamais commis cette erreur ;)

Pour conclure

Malgré l’inexpérience d’Élodie, la traversée s’est très bien déroulée. Ce n’était pas tout le temps évident pour elle, donc pour moi non plus. Avoir un équipage malade ou stressé joue pas mal sur le moral du chef de bord. A lui de faire en sorte de prendre souvent la température et d’appuyer sur les points positifs pour que la suite se passe au mieux.

Nous avons eu beaucoup de conditions différentes. Pluie, brouillard, vent, pétole, houle jusqu’à 3 mètres, calme plat… Mais tout ça n’était rien par rapport à tout ce qu’avait pu entendre Élodie avant de partir. La voilà donc rassurée pour la suite du trajet ;)

Pour ma part, je m’attendais à des conditions un peu plus extrêmes. Malgré le fait d’avoir bien choisi la fenêtre météo. Mais c’est aussi bien comme ça car mon équipière est maintenant totalement rassuré pour la suite ;)

Couché de soleil dans le Golfe de Gascogne !

Couché de soleil dans le Golfe de Gascogne !