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Elodie – Mon expérience bénévole à l’orphelinat Saint François d’Assise en Haïti

Nous n’avons vraiment travaillé à l’orphelinat qu’un mois alors que nous avions prévu une autre mission après le Sénégal d’à peu près de la même durée (trois mois) pour construire quelque chose de péren.
Partant de cette contrainte de timming, comment alors intervenir de façon efficace et sur le long terme en si peu de temps ?
La 1ere semaine, je l’ai consacré à questionner Soeur Flora pour faire l’inventaire des besoins de financement (sur de la formation des employés et/ou des travaux urgents et utiles sur le long terme type évacuation des eaux usées, rénovation d’un bâtiment, …)
Je cherchais donc des appels à subvention et des financeurs éventuels au début sur les sites internet type commission européenne, sites canadiens (Soeur Flora est canadienne) , les paroisses, les particuliers (anciens donateurs, navigateurs, volontaires) .

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Je m’aperçois que l’orphelinat ne rentre pas dans les critères pour beaucoup de subventions. Le dossier serait toujours incomplet : comptes rendus de conseil d’administration (y a pas!) , facture et devis signés et tamponnés !! (une blague ici!!). En discutant avec quelqu’un qui a monté une asso française pour aider l’orphelinat, je me rends compte à quel point la gestion comptable floue de l’orphelinat ne permet pas, pour l’instant, de faire de telles demandes .

J’ai donc crée un répertoire de toutes les associations partenaires, de tous ses particuliers , un répertoire également pratique pour la vie quotidienne( école, médical, administration,…) dans le but de faciliter la tache à la personne qui s’y attaquerait.

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Soeur Flora est un personnage atypique. Toutes ses personnes, ses contacts de particuliers ou d’assos, elle les note depuis toujours sur des micros bouts de papiers !!! Je me suis donc attelé à un travail de fourmi. Primo : déchiffrer ses annotations, deuxio : savoir qui sont ces gens !
J’ai réalisé après ce travail que je ne ferais malheureusement pas un travail sur long terme (je ne pourrais pas suivre les demandes de subventions sur un si court terme). Il lui faut réellement une personne qui gère la comptabilité et la recherche de financements.

J’écris simplement des mails à une dizaine d’assos pour demander du concret ( un volontaire sur deux ans, des fauteuils roulants et ou du matériel orthopédiques,…)

Je finis par me consacrer finalement assez naturellement à mon métier d’aide médico-psychologique auprès du groupe (quasiment une trentaine ) de personnes polyhandicapées d’ages et pathologies très différents.
Je ne souhaitais pas faire du quotidien au début. Non pas que ça me disait rien personnellement, mais j’avais l’intention de trouver une mission qui puisse faire avancer l’orphelinat. Mais ces personnes polyhandicapées sont tellement délaissées que ça commençait sérieusement à me démanger !!

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Un jour, une jeune navigatrice passe déposer des jeux, je découvre qu’elle est kiné (waouh !! ). Je lui demande fiça si elle peut nous accorder une journée pour nous montrer (moi et Enso, un bon employé) des techniques que l’on peut reproduire sans danger. GÉNIAL !! Nous pouvons enfin soulager la détresse respiratoire de Dalande, nous pouvons travailler sur les muscles de chacun un peu tous les jours ! Voilà, grosso modo, matinées bien intenses auprès des personnes polyhandicapées et après-midis plutôt consacrés aux enfants orphelins (études, sorties, « douches »,…)

Je m’aperçois que je n’ai posé que les faits dans ce texte mais bien évidemment, le quotidien dans un orphelinat et un centre de personnes polyhandicapées dans un pays comme Haiti est, coté émotion, complètement exacerbée. Je passais souvent dans la même journée par toutes les gammes possibles : surprise, lassitude, écœurement, joie, rire, colère, doute, plaisir, et j’en passe !!!
Cette expérience , je l’ai un peu vécu comme une expérience professionnelle de plus. Dans mon métier, je l’avoue quelque fois beaucoup de choses ne m’étonne plus mais me sont toujours insupportables et me donne une force et une détermination à procurer du bien être physique et ou psychologique, qui je l’espère, auront soulagé un tant soi peu…