photo de laplage de discovery bay

Jamaïque – Visite de la côte Nord

Nous sommes arrivés en Jamaïque à la voile, dans le port de Montego Bay (Mo’Bay).

Des plaques noires de résidus s’étaient formées dans le réservoir de gasoil. Elles ont fini par boucher les durites et ont provoqué une panne moteur 30 minutes avant l’arrivée.

Une fois l’ancre posée, les douanes et le capitaine du port sont venus nous demander de débarquer pour faire l’entrée sur le territoire Jamaïcain.
Une bonne dizaine de papiers à remplir mais aucune visite du bateau.

Photo d'élodie scrutnt la mer depuis la plage

Elodie en Jamaïque !

Tout se passait bien, puis vint la question fatale : y’a t-il un réservoir à eaux noires pour les toilettes? J’ai malheureusement répondu honnêtement que le bateau n’en était pas équipé étant donné son âge. En France, les bateaux construits dans les années 70 et 80 n’ont pas d’obligation d’en être équipé. Ici tout le monde doit en avoir.

Le capitaine du port m’explique donc que nous allons être obligé de prendre une location, ou de payer les services du port (20 euros par jour) si nous voulons rester en Jamaïque. Il m’explique qu’il ne peut pas nous laisser répandre nos défections dans son joli port car les baigneurs s’en plaindraient… Je vous jure que personne n’oserait pourtant se baigner dans cette eau qui fait office de dévidoir aux eaux grises et noires de la ville !

Après 10 minutes de discussions, je fini par le convaincre que je peux moi même faire un système qui servira de pseudo tank de récupération des eaux noires. Il me dit qu’il est d’accord mais qu’il veut voir le système fonctionner avant de nous laisser séjourner dans le port. Je passe 20 minutes à bricoler devant lui et il finit par être convaincu que ce système marche et surtout qu’on va l’utiliser. Ouf !
Le système sera défait le soir même et nos rebus-stomaqueux iront discrètement rejoindre les eaux polluées de la ville qui atterrissent dans ce port les jours de pluie.

Cette mauvaise réponse aux questions posées par le capitaine du port a bien failli mettre en péril tout notre séjour dans ce merveilleux pays ! C’eut été dommage, d’autant plus que mon pote Roux avait pris des billets depuis longtemps pour venir nous rejoindre.

photo de Roux dans le bateau avec plein de billets jamaïcains posé sur le coussin

Roux a échangé ses euros en $$$ Jamaïcains

Son vol France-Jamaïque comportait une escale à Miami. Il lui fallait donc un « visa ESTA » (visa de transit par les USA) mais la compagnie aérienne avait oublié de lui préciser… Où peut être n’avait t-il pas sorti sa loupe pour lire les micro-lignes y afférent? Quoi qu’il en soit, son départ lui a été refusé pour cause de visa manquant ! La compagnie devant faire face à de nombreux cas similaires lui a proposé gratuitement un billet pour le lendemain en lui expliquant que la demande ESTA se fait en ligne et est validée dès payement des 14€ requis.
Le lendemain, Roux pu prendre son vol qui affichait 2h de retard… Il n’en fallait pas plus pour que la correspondance à Miami parte sans lui !

L’attente fut longue. Mais après deux jours de lamentations, je pu enfin serrer dans mes bras mon vieil ami! L’accueil fut Jamaïcain : Reggae… Pétard… Bar !
Cocktail détonnant ! Un peu trop pour moi… Seul « les vrais » auront eu vent de ma petite mésaventure de ce soir ;)

Après ces retrouvailles en fanfare, nous nous mettons d’accord (Elo, Roux et moi) sur la suite du programme. Nous passons 3 jours à Mo’Bay en alternant soirées, restos (découverte du Jerk Chicken), plages, accompagnés de deux autres navigateurs, Henri & Géraldine qui nous ont beaucoup plu.

Pour des questions logistiques et financières, nous privilégions le bateau comme moyen de transport pour nous rendre à Port Antonio. La route étant longue, nous avions prévu une escale indéterminée à mi-chemin. Discovery Bay fut l’heureuse escale élue. Et nous n’avons pas été déçu ! Une superbe plage, une ambiance de vacances, des soirées en musique mêlés aux habitants.
Sur la plage, moults paillotes collées-serrées super sympa avec internet et billards! Dans une ville peu éloignée (Ocho Rios), nous découvrons de superbes cascades entourées par la forêt tropicale.
C’est un paradis dont nous profiterons quatre jours durant !

Arrivés à Port Antonio, nous sommes obligés de payer 15$US/nuit. Divisé par trois le prix est abordable et nous pouvons profiter de la piscine et des douches de la marina à volonté. Bonheur ! La ville est charmante, les gens y sont accueillants et respectueux.
Avec Roux, nous nous rendons en kayak sur la charmante petite ile de Navy Island pendant qu’Elo se détend sur la plage d’en face. L’île est à l’abandon, la végétation a repris le dessus sur « Babylone ». L’ancien bar/hôtel, l’ancienne piscine et deux ou trois autres bâtiments ne serviront plus à enrichir les propriétaires de l’actuelle marina.

marina-jam

Il est temps pour Roux de retourner dans nos fraîches contrées Françaises. Son rêve prend fin tandis que le notre commence doucement à toucher à sa fin. Elo et moi n’ayant plus les moyens de payer plus longtemps la marina, nous allons mouiller dans la baie suivante, plus au centre de la ville de Port Antonio. Nous préparons maintenant le retour vers la Martinique.

photo de Villeme portant un carton rempli de stylo

Villeme, notre copain Haïtien

A notre grande surprise, nous croisons Villeme, le premier Haïtien à nous avoir accueilli dans son pays. Il est arrivé par bateau avec un américain. L’américain en question s’est avéré être un ancien militaire recherché dans son pays pour des crimes dont nous préférons ignorer la teneur. Il est reparti hâtivement, laissant Villeme avec un billet d’avion ne lui permettant pas de rentrer au pays.
Les douanes Jamaïcaines avaient pourtant forcé l’Américain à payer un billet retour à l’Haïtien. L’oncle Sam avait finalement réussi à berner les rastas, laissant le pauvre dans une situation très délicate.
Nous avons fait les démarches nécessaires et payé la différence afin que Villeme puisse retourner au pays sans passer par la case prison.

Nous nous acquittons dans la foulée d’une dernière mission pour l’association HumaniMer. Tia et Gilles, deux de mes collègues secouristes de la Croix-Rouge de Versailles, m’avaient confiés 2500 stylos et 40 blocs notes destinés à fournir une ou plusieurs écoles sélectionnées par l’association HumaniMer. Après un premier contact ne s’étant pas présenté au rendez-vous fixé la veille, nous décidons de donner l’ensemble du matériel à la Croix-Rouge Jamaïcaine qui se chargera de distribuer ces fournitures à différentes écoles de la région.