Baie de La Baule vue du port de Pornichet !

Naufrage à La Baule-Escoublac

Quille fêlée, safran arraché, Alex dévasté !

Quel con ! Mais quel con ! Laisser son bateau sans surveillance ce n’est définitivement pas une bonne idée !

J’avais pourtant vu auprès de mon Guru deux jours plus tôt et les vents devaient être cléments. Forts mais Nords… Finalement j’ai eu de l’orage et du Sud-Ouest !

Baie de La Baule vue du port de Pornichet !

Baie de La Baule vue du port de Pornichet !

J’avais choisi un endroit loin de tout, au milieu de rien ! Des fonds qui me permettaient de rester au mouillage sans que la quille ne tape. Le pire qui pouvait m’arriver était de retrouver le bateau six-cents mètres plus loin. Le malheur, qui m’est arrivé, fut de me réveiller avec 6 messages sur le répondeur retraçant la nuit de Céding… Le bateau a décroché ! La houle et le vent l’ont rapidement ramenés vers la plage et ont effectués un travail de sape fêlant partiellement la coque au niveau de la quille. Le safran n’a pas non plus résisté et est aux 3/4 arraché. Le mouillage a été largué.

La SNSM a été informé vers 7h que le bateau était échoué mais n’est intervenue qu’à partir de 11h. Sans l’approbation du propriétaire il était difficile d’intervenir. Mon portable sur vibreur ne m’a pas réveillé assez tôt pour une prise en charge plus rapide. Heureusement la famille veille et a pris la décision de faire remorquer le bateau à ma place. Merci Franck !

Safran sectionné ! Reste 1/4 !

Safran sectionné ! Reste 1/4 !

L’assurance assure les frais de remorquage, 81O euros tout de même ! Tous les frais liés aux manipulations faites sur le bateau afin de s’assurer qu’il ne se cassera pas d’avantage sont pris en charge. Je suis donc assuré à hauteur de 6000€ sur la casse réelle du bateau. A condition que l’expert évalue le bateau à au moins ce prix là. Et avec une franchise de 300 euros. Somme dont je dispose hors fonds associatifs.

Les travaux s’avèrent nombreux et non négligeables… Déquiller le bateau, recréer un safran, démâter, remater, requiller, sont toutes autant d’opérations qui demandent un temps fou. Et le temps ça se paye ! Au prix fort lorsqu’on voyage en bateau ! Les travaux ont été évalués à 5050 euros par un chantier. Dont 3500 euros de main d’œuvre. C’est vraiment juste question prix. À l’argus le poker vaut 4800 euros, le mien est bien équipé mais ne paye pas de mine. Je ne sais donc pas trop où me situer par rapport aux critères de l’expert. Si son estimation s’avérait être inférieure au prix des réparations, je vais me charger de toutes les étapes qui prennent du temps et que je suis capable d’effectuer sans aide (poncer, découper, déboulonner, etc.) et ferait faire les travaux structurellement importants. La facture s’en trouverai réduite mais pas effacée. C’est le plus dur en ce moment : ne pas savoir ce que vas dire l’expert !

Arrière de la quille !

Arrière de la quille !

Des solutions j’en trouverai, quitte à être bloqué un mois ou un mois et demi ! Et si je ne trouve pas de solutions pour réparer Céding, je continuerai à trouver des solutions pour faire de l’humanitaire en mer ! J’ai déjà contacté l’association AJD, je ferais du bateau stop, je mettrai en œuvre tous les moyens possibles et imaginables pour continuer à promouvoir les actions solidaires et humanitaires effectués par voie maritime ! J’ai un but je m’y tiendrai, mais perdre ma maison serait vraiment un gros coup dur !

En cas de réparation du bateau, je perds un mois de voyage à la cool. Mais c’est encore jouable pour être début octobre au Sénégal. En cas de perte du bateau, l’espoir d’en racheter un avec les fonds remboursés par l’assurance est quasi nul. L’espoir d’arriver à temps au Sénégal est en revanche plus réaliste et deviendra le but premier des deux prochains mois.

Voila pour les news pas très glorieuses. Je suis dans le doute mais je n’ai pas perdu mon envie. J’ai décidé ce voyage pour apprendre, j’apprends l’humilité ! Si je peux réparer, j’apprendrai à réparer ! Si je ne peux pas réparer, j’apprendrai à me débrouiller sans.

J’ai écrit plus haut “Quille fêlée, safran arraché, Alex dévasté !”, je ne suis pas vraiment dévasté mais je suis dans une situation inconfortable. Vais-je y arriver? Suis-je crédible? Est-ce que je me mets trop en danger? Sont autant de questions que je me pose et que vous vous posez aussi j’imagine. Je n’ai pas eu de chance, mais est-ce plutôt de la chance ou de l’inexpérience?

mouillage forain

Calcul de la longueur de chaîne à envoyer !

Écrire ces lignes n’est pas un exercice facile. Je me suis beaucoup demandé s’il fallait attendre d’avoir des infos définitives. Être dans le doute n’aidera sûrement pas la famille à être rassurée. Maman j’espère que tu lira ça quand le prochain article sera déjà publié ! Si ça peut te rassurer, si j’avais été à bord j’aurais seulement passé une mauvaise nuit et Céding serait toujours à flot. Et si l’on peut réparer, il sera structurellement plus résistant qu’avant ! Je ne repart pas avec si je n’en ai pas l’assurance.

A l’heure où j’écris ces lignes je pense pouvoir repartir avec Céding mais cela vas prendre un peu de temps. Et j’ai peur de ce que cela vas réellement coûter. J’ai une assurance qui prend en charge tous les frais extérieurs aux réparations et qui prend seulement 300 euros de franchise pour des réparations avoisinant les 6000 euros. Mais ça c’est sur le papier, j’attends que l’ensemble des frais soient payés pour me réjouir définitivement. J’ai créé une association qui peux prendre en charge certains frais liés au bateau et ai dit que ses fonds seront utilisés pour le faire avancer seulement en cas d’extrême nécessité. On est certes sur de l’extrême nécessité mais ça me ferai vraiment mal d’utiliser cet argent pour le bateau et non pas pour des actions humanitaires. Je mettrai tout en œuvre pour ne pas utiliser cet argent et ferais un sondage auprès des adhérents s’il s’avérait que je n’ai vraiment pas d’autres solutions.

Dans une ou deux semaines, quand j’aurai toutes les informations définitives à vous donner, je réécrirai un article ou compléterai celui là. En attendant ne vous en faites pas pour moi ou mon moral. Je profite du temps qui m’est imparti pour découvrir les joies du travail de fermier !