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Navigation de Martinique à Saint Martin !

14/10/15 – Il est 11h30, le vent souffle continuellement et le courant est faible. J’appareille (je quitte le mouillage) donc sans difficulté.
En revanche, Tabarly le pilote automatique, n’en fait qu’à sa tête… Impossible de le faire fonctionner. Vers minuit, je me décide à utiliser la méthode apprise grâce à Jo Cosson.

Je vous présente PAM, le Pilote Automatique Mécanique. Il marche plutôt bien et je peux enfin retourner dans les bras de Morphée. Mais le manque de vent fait claquer les voiles d’une façon bien trop désordonnée. Retour dans le cockpit pour essayer d’arranger ça mais ça ne donne rien de vraiment concluant. Je serais réveillé tous les quarts d’heures.
Finalement le vent fini par forcir, et je peux enfin m’autoriser 3h de sommeil consécutif.

J’avais profité de l’escalade avec Mika et ses potes pour me faire hisser en haut du mat et réinstaller le feu de navigation muni d’une nouvelle ampoule. Elle est à Leds. Elle consommera 5Watts au lieu de 24W pour l’ampoule à incandescence. Poker D’AS a dut gagner un mille-nautique en visibilité !

photo qui montre un avion proche du bateau

Arrivée à St Martin, la piste d’atterrissage est proche !

15/10/15 – Au petit matin, le vent n’est plus qu’un souvenir. Je fini par affaler les voiles pour leur éviter de trop travailler.
Une heure plus tard, impossible de renvoyer la GV (Grand Voile), la drisse (bout permettant de hisser une voile) est coincée dans le projecteur de mat. Je tenterai par trois fois de grimper jusqu’aux barres de flèches, en vain. Depuis le pied de mat, j’essaye de décoincer la drisse en la faisant balancer. Échec ! La drisse se coince sous les barres de flèches, une goupille empêche sa libération. Depuis trente minutes, impossible de décoincer cette drisse. Je me sens déjà trop fatigué pour de nouvelles tentatives sans qu’il n’y ai risque de faire un bêtise.

Faut-il louvoyer (tirer des bords face au vent) vers l’Est et atteindre le premier mouillage pour effectuer cette manœuvre ? Ou continuer ? Je fini par me décider à continuer vers Saint Martin sous génois. On perdra un jour ou deux mais retourner vers terre serait encore plus long.

Un sandow permet de ne toucher à la barre que toutes les deux minutes. Je profite de ce cours laps de temps pour manger une boite de petits poids carottes et faire des micros siestes.

Le soleil a bien rechargé la batterie et le pilote auto remarche enfin. Malheureusement, le vent fait encore défaut. Le génois est bordé (tendu) à plat grâce au tangon de Spi (barre métallique). Tabarly est réglé sur un Cap au 330 et Poker d’AS peut continuer sa route lorsque le vent reprend.
Après une bonne nuit, je fais le point. Nous dérivons un peu vers l’Ouest à cause du courant. Un Cap un peu plus Nord sera pris pour contrer cette dérive.

Je me sens frai et d’attaque pour retenter de décoincer cette fichue drisse. Je vais monter au mat. Lors de la troisième tentative d’hier, j’avais essayé de mettre un sceau à l’extrémité du hale-haut (bout servant à monter) de tangon. Je m’arnache à l’autre extrémité via un baudrier (harnais d’escalade). En jetant le sceau à l’eau, il doit se remplir et créer une force de traction qui aidera à grimper au mat. Ça n’avait pas fonctionné.

Aujourd’hui, l’essai se fera avec la drisse de Spi. Le premier essai se solde par un échec. Le sceau se rempli bien mais est tiré vers le haut de telle manière qu’il en vient à faire de petits bonds sur l’eau.
Le tangon étant en place sur le génois, second essai mais en faisant passer la drisse (côté sceau) sous ce tangon. Une bonne force de traction est crée. Le bateau avance à 2,5Noeuds et le sceau peut contenir 10L. Avec un plus grand sceau, ou une vitesse plus élevée, il aurait fallu percer un trou au milieu de celui ci pour mieux pouvoir le ramener lors de la descente.

Cette fois ça marche et me voici au milieu du mat. Après avoir décoincé la drisse de GV, je redescends tout content. La GV peut de nouveau être hissée. Mais le vent reste faible. J’en profite pour me laisser traîner à l’échelle derrière le bateau. Masque et tuba me permettent de voir un tout petit poisson nageant au cul du bateau. Marrant de le voir avancer sous la protection de Poker D’AS.

photo du bateau dans la nuit mais éclairé par l'orage

Orage subit plus tard à St-Martin

La journée se passa tranquillement. A la tombée de la nuit, des flashs lumineux puissants illuminaient mes voiles de brefs instants.
Sur tout le coté Tribord (droite), de gros orages. Moment de stress ! Que faire ? S’écarter plein Ouest ? Dans un premier temps je sors un câble en fer, y accroche un lourd plomb qui trainera dans l’eau, et attache l’autre extrémité en pied de mat. A défaut de câble de grosse section, on peut utiliser la chaine et l’ancre.
Je vois bien les éclairs mais n’en entend jamais le grondement. Il me faudra une bonne heure pour être persuadé qu’ils sont bien loin. Je fini par m’endormir paisiblement en conservant ma route.

17/10/15 – A 7h30, mes voiles claquent. Tabarly reste bloqué, la batterie est bien trop faible. 2h30 de barre puis remise en place du PAM. Après un point, le Cap est réajusté à 10° .

Le vent vient maintenant du travers. Blocage de l’écoute de génois au taquet et utilisation de l’écoute de GV pour le PAM. Tentative de pêche et préparation de quelques pancakes. Une ligne ne prend rien, la seconde sera arrachée.
Le pilote auto refonctionne puis lâche à quatre heures du matin.

18/10/15 – Retour à la barre. Et c’est tant mieux. Il y a beaucoup de rochers à l’Est de Saint Martin et ils ne sont pas signalés par une balise lumineuse. Le point est souvent fait pour vérifier notre position et réajuster le Cap si besoin.

Arrivée à 12h30 dans la baie de Grand Case. La baie est très grande et la manœuvre de mouillage en est facilitée. Je débarque et m’autorise un poulet frite, copieusement servi, pour seulement six dollars US.

Selphie de Ben et moi avec la baie d'Orient Bay en fond. vue de l'appart de Ben

Ben et moi sur sa terrasse !


 
 
Vers 15h30 je retrouve les amis que je suis venu voir. Ben et Sophie sont dans un appartement à Orient Bay, terrasse avec vue sur la baie. MagniFIque !
Ils m’ont proposés de faire une machine et de dormir chez eux. La machine est la bienvenue, il en faudra deux. Et malgré la mésaventure de la Baule, j’accepte avec joie un bon lit pour la nuit.